MENU

Accueil

Accompagnement

Adaptation à la diversité

Clubs
Chorale.
Actions Parents
Autres Actions

 

Ouvertures

 

 

Tel:05.46.32.04.13  Fax:05.46.32.52.10

 

Georges Texier :

Professeur du Collège de Saint Jean d'Angély (Abbaye Royale)

(Documents réalisés par l'Amicale des Anciens Elèves du Lycée de St Jean d'Angély aidés par Mme Jeannine Texier )

SOMMAIRE

 Sa vie,  Sa citation à l'ordre du Département,   Un article du 1er Numéro de l'Angérien Libre

Nommé Chef de la Resistance de l'arrondissement de St Jean d'Angely par André Chabanne Ex-Commandant du 1er régiment BIR'HACHEIM

sa vie   (retour sommaire)

UNE CITATION  RELATANT SON ENGAGEMENT (retour sommaire)

REPUBLIQUE FRANCAISE            ORDRE DEPARTEMENTAL N0 42

DEPARTEMENT

de la CHARENTE.MARITIME

               CITATION à L'ORDRE du DEPARTEMENT.

 

     Le Chef de bataillon THIBAUDEAU Gaston, Chef Départemen-

-tal de la Résistance, Cite à l'Ordre du Département Monsieur

TE X I E R Georges, Né le II Février 1907 à ARCAIS (Vienne) lieutenant de l'Armée Secrète

de libération .pour le Motif suivant

        "Français d'une haute valeur morale, entré dans le Mouve-

-ment de la Résistance dès le 4 Mai 1943,se met à la disposition

du Général BRUNCHER Chef Départemental, organise tout l’Arrondis-

-sement de Saint JEAN d’ANGELY.Trouve un Chef par Canton et

forme des Groupes de Résistants très homogènes.

        "Dés le début il protège les jeunes gens réfractaire pour

 le travail obligatoire en Allemagne, leur procure des gîtes, les

 munit de fausses pièces d’identités et de titres d’alimentation.

        En Juin 1943, il forme un des premiers maquis dans la

foret d'AULNAY,assure sa subsistance et sa sécurité, en Août il le

fait passer en Corrèze.

        Entre le 15 et le 20 septembre 1943, apprenant que de

nombreuses arrestations sont effectuées dans la Zone de La

ROCHELLE il parcourt tout son arrondissement en bicyclette, prévient

tous ses Chefs, tous ses hommes et en sauve un grand nombre d'une arrestation

certaine.

        Promu Lieutenant de l'Armée secrète de la Liberation, il

reconnaît des terrains de parachutage et en fait homologuer dans sa Zone.

        Fin Novembre 1943, il prend contact avec le nouveau

Chef départemental, reconnaît les emplacements de sabotage sur

Voies Ferrées et dans les locaux industriels ;il se tient également

 en contact avec l’Etat-Major de la Région B. , met au point le

Service d’émission Radio pour faciliter les parachutages.

 n           Le7 Janvier 1944, convoqué à la gestapo, il subit un

interrogatoire très serré, mais avec adresse il déjoue toutes les

 tentatives de l’ennemi. qui désire se procurer des renseignements.

Le 20 Janvier 1944. apprenant qu’un Chef Local de la

Résistance allait être arrêté et que lui même était menacé de

L’être, il; sauve son Ami . Rentre chez lui vers 19heures pour

 rejoindre lui même un refuge et continuer son action ;se trouvant

face à face avec les policiers ennemis ,il tente de s'évader, est.

 abattu lâchement par coups de feu tirés par derrière,

Frappé au Cœur ,il meurt pour sa PATRIE qu’il avait

si bien servie et qu’il espérait bien contribuer pour une large

 part à libérer.

L'énergie, l'intelligence, le courage, l'esprit de Devoir

dont il a toujours fait preuve font de Lui un HEROS  qui mérite

d’être Cité en exemple.

La Mort de ce Chef admirable, a privé la FRANCE de l'un

des meilleurs de ses enfants. Son souvenir doît être gardé à

Jamais .            -   

Royan       

 

(Article publié dans le 1er numéro de l'Angérien Libre, en septembre 1944, signé Marcel TRESCOS.)(retour sommaire)

Il ne l'aura pas vu ce jour béni pour lequel il avait tant fait. L'ennemi savait ce qu'il était pour lui, et il a joué son jeu jusqu'au bout... un jeu dont Georges TEXIER connaissait la dure règle.

« Je pars dans la nature » m'avait-il dit, un matin de septembre dernier, de ce ton mi-sérieux, mi-goguenard qui était le sien, et comme mon regard l'interrogeait, il avait ajouté : « Je crois que j'ai réellement besoin de changer d'air : mais soyez sans crainte, partout où j'irai je trouverai bon accueil ; d'ailleurs il faut que je voie du monde et vous savez, s 'il faut aider aux vendanges, on pourra compter sur moi... Plus tard je vous dirai ce qui s'est passé. »

Ce qui s'était passé, je devais bientôt le savoir, et aussi que la situation était plus grave qu'il ne l'avait tout d'abord laissé supposer. Le 13 septembre, l'état-major régional du groupe était arrêté ; la Gestapo opérait à Bordeaux, à La Rochelle, dans toutes les villes de la région, dans notre canton même où Georges TEXIER put au dernier moment sauver deux de ses principaux compagnons. La rafle devait aboutir aux exécutions de Bordeaux dont 24 de nos compatriotes furent les victimes ; vous avez dû voir alors dans les journaux ces nombreux avis de messe pour un tel, puis un autre, mort à Bordeaux le 11 janvier.

        Tout était à refaire, presque en entier, mais cela fut refait malgré les dangers accrus, la surveillance que l'on sent sur soi, malgré l'inconnu qui peut vous surprendre d'un moment à l'autre, voir où vous allez, épier tous vos gestes. Oui, tout était bien refait et trois mois après, un jour après un interrogatoire par la gestapo, l'aspirant TEXIER pouvait en rendant compte à ses chefs de Bordeaux, être fier de son œuvre.

        Vous savez la tragique succession des événements du 20 janvier, et dont le film se déroulera toujours sous mes yeux. Il y avait, ce jour-là, un match de football auquel le matin même Georges TEXIER ne songeait pas à assister, car dans l'après-midi il devait faire une assez longue randonnée à bicyclette. Mais voyez la marche implacable du destin. A deux heures Georges TEXIER change sa décision ; il ira au stade où il espère rencontrer certaines personnes. A trois heures, il est prévenu de l'imminence du danger, d'un danger qui depuis une semaine le menaçait de plus en plus et dont un fidèle ami lui disait les progrès. Il rentre chez lui et je le vois encore, plus grand sous son manteau blanc, arriver dans la rue. « Dans un instant je vous vois » me dit-il et quelques minutes après : « Cette fois, c'est sérieux ; il faut que je parte, dans quinze jours je serai sur un terrain organisé ; vous savez qu 'ils ne m'auront pas vivant ».

        Six heures - De la lumière chez lui, une auto noire dans la rue, subitement je devine le drame : la perquisition. Je pense à sa femme que je sais si courageuse, à ses enfants à qui l'on dira « dis-moi où est papa si tu ne veux pas qu 'on fasse du mal à ta maman » ; et à l'aîné qui fait signe au plus petit de se taire « Tu as bien la tête de ton père, toi ! ». J'entends le bruit des meubles remués, des tiroirs ouverts, des armoires qu'on fouille. Mais lui, je sais qu'il n'est pas là, oui, il est parti ; c'est à quatre heures qu'il m'a dit qu'il partait ; je veux qu'il soit parti. Et puis brusquement le claquement d'un coup de feu, le cri d'une femme, les enfants dans la rue que l'on refoule dans la maison, et le corps étendu dont on nous éloigne, et que l'on fouille.

            Mon cher ami, l'arme qu'ils cherchaient sur toi, c'était ta flamme. Devant ton pauvre corps étendu sur la dalle et que tant des nôtres sont allés saluer je ne suis pas venu ; l'image que j'ai voulu garder de toi, c'est celle de l'action, que ton être vivant me donnait.

A tes obsèques, de partout sont venus tes camarades de combat, tes amis, tous les Français qui t'avaient compris, ceux qui allaient te comprendre ; et dans la lente montée vers le cimetière, ceux qui ne t'avaient pas connu, mêlaient leurs larmes à ceux qui t'avaient aimé.

Maintenant «ils» ne sont plus là, ami ; tes petits gars sont venus et aussi ton compagnon de lutte qui vivait dans la nuit depuis douze longs mois, et que tu avais sauvé. Sur son visage, beau de fierté et de la joie du devoir accompli enfin, il y avait aussi celle de t'avoir vengé.

 (retour sommaire)